Après avoir pris le temps d’observer, le Wapiti revient doucement à la table.
Il n’arrive jamais en trombe. Il regarde d’abord les places vides, les chaises déplacées, les silences entre deux tours. Il observe les mains qui brassent les cartes machinalement, les regards qui s’échappent parfois du plateau, les sourires polis… et ceux qui sont encore sincères.
Il se souvient d’un temps où l’on venait jouer sans trop se poser de questions.
On s’asseyait, on jouait, on riait — ou on s’agaçait — mais on restait.
Puis, avec les années, quelque chose a changé. Subtilement.
On ne vient plus toujours chercher la même chose.
Certains arrivent fatigués, espérant un refuge.
D’autres veulent être stimulés, challengés, surpris.
Il y a ceux qui cherchent avant tout la compagnie, même si le jeu déçoit.
Et ceux qui, au contraire, se rendent compte qu’un bon jeu ne suffit plus à compenser une ambiance qui sonne creux.
Le Wapiti remarque aussi que l’on quitte plus facilement qu’avant.
Pas seulement la table — parfois le jeu, parfois un groupe, parfois une manière de jouer.
Et ce départ n’est pas toujours un rejet.
Parfois, c’est juste une prise de conscience.
Autour des tables, il entend souvent la même phrase, dite à demi-mot :
« Je ne sais pas trop pourquoi je suis venu… mais je sais pourquoi je reste. »
Alors le Wapiti s’arrête.
Il lève la tête.
Et, comme toujours, il ne donne pas de réponse.
Qu’est-ce que tu viens chercher à la table, ces temps-ci ?
Si la question résonne en vous, laissez ici une trace de ce qu’elle éveille.
Curieux de comprendre d’où il vient et comment lire ses questions ?
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