Dernièrement, j’ai senti une résistance avant même de voir le jeu.
Pas du rejet. Pas du mépris.
Une fatigue.
Apprendre un nouveau jeu me demande plus qu’avant.
De l’attention, de l’énergie, une disponibilité que je n’ai pas toujours.
Et quand je sais que beaucoup de ces jeux ne reviendront jamais sur la table, quelque chose en moi se referme.
Ce n’est pas la nouveauté que je refuse.
C’est l’investissement à perte.
En ce moment, j’ai davantage besoin de rejouer que de découvrir.
De revenir dans des espaces connus.
De laisser un jeu respirer, s’installer, raconter autre chose à la deuxième ou troisième partie…
Dire non à un nouveau jeu n’est pas me fermer.
C’est me respecter.
Et quand je dis oui, je veux que ce soit un oui choisi,
pas un oui par réflexe ou par politesse.
Aujourd’hui, j’accepte que mon rapport au jeu évolue.
Moins de premières fois.
Plus de retours.
Je joue pour me nourrir, pas pour cocher des cases.
Épisode à venir…
L’épisode est disponible sur toutes les bonnes plateformes de diffusion.
Résumé de l’épisode
Dans ce deuxième épisode de la série Notre rapport au jeu, j’explore un basculement important dans ma manière de vivre le jeu de société : le passage de la découverte constante vers le désir d’approfondir.
Pendant longtemps, découvrir de nouveaux jeux faisait partie intégrante du plaisir. Apprendre des règles, explorer des mécaniques, multiplier les expériences… tout cela nourrissait une curiosité sincère. Mais avec le temps, quelque chose s’est transformé. Ce qui était excitant est devenu, progressivement, plus exigeant. Lire, comprendre, expliquer, recommencer — encore et encore. Jusqu’à ce que le plaisir laisse place à une forme de fatigue.
C’est dans ce contexte qu’émerge un choix : ralentir. Ne plus courir après chaque nouveauté. Ne plus jouer à un jeu simplement parce qu’il est récent ou populaire. Mais plutôt choisir consciemment ce qui résonne vraiment.
Ce changement apporte d’abord un soulagement profond. Rejouer un jeu connu permet d’entrer dans une expérience différente : plus fluide, plus riche, plus habitée. Les règles ne sont plus un obstacle. Le rythme s’installe naturellement. Le jeu devient un espace où l’on peut réellement être présent, réfléchir, échanger et ressentir.
Mais ce recentrage ne vient pas sans friction.
En choisissant de jouer moins de nouveautés, une autre fatigue apparaît : celle de devoir expliquer ses choix. Pourquoi refuser un jeu ? Pourquoi ne pas vouloir essayer ? Pourquoi ne pas suivre le mouvement ?
Ce questionnement, souvent implicite, met en lumière une attente présente dans le milieu ludique : celle de découvrir constamment. Sortir de cette dynamique, c’est parfois créer un décalage avec les autres joueurs.
Et pourtant, derrière cette tension, se cache une réflexion plus large sur l’identité du joueur. Qui sommes-nous lorsque nous ne cherchons plus à tout essayer ? Que devient notre passion lorsque nous ralentissons ?
Loin d’être une perte, ce changement peut aussi être vu comme une forme de maturité. Apprendre à reconnaître ce qui nous plaît réellement. Accepter de faire des choix. Et surtout, se donner la permission de jouer autrement.
L’épisode aborde également la richesse du rejouer. À travers la répétition, les jeux révèlent de nouvelles couches. Les stratégies évoluent. Les interactions se transforment. Le plaisir se renouvelle, non pas par la nouveauté du contenu, mais par la profondeur de l’expérience.
Finalement, cet épisode pose une question essentielle : dans un monde où tout pousse à consommer davantage, et si le véritable plaisir du jeu se trouvait dans le fait de ralentir ?
Et au-delà du jeu, une réflexion plus intime émerge :
Qu’est-ce que notre rythme de jeu dit de notre relation au plaisir ?
J’ai toujours eût un peu de difficulté avec le nombre de parties pour jauger mon amour d’un jeu… :/
Il y en a que j’adore mais qu’on joue pas souvent car les parties sont de 1-2h, et d’autres qui sortent plus facilement car une partie c’est 15-20min!
Sauf que ouin si ça dépasse pas 5x, c’est pas vraiment un succès.
Rejouer à un jeu permet aussi d’être un peu plus social, moins concentré à apprendre!
J’aime aussi essayer diverses stratégies et pouvoir m’améliorer. 🙂
Puis concernant les jeux qui ne me parlent pas où moins, ou les nouveautés quand ça m’arrive dans ce temps là j’enlève le plus possible mon focus du jeu, et je me concentre sur le plaisir des gens autour de moi.
J’essaye de voir mon temps comme un cadeau au lieu de comme du temps perdu, et ça m’aide à retirer le positif de la situation.
Je dis pas que je réussie toujours là hein! Mais ça m’aide. ☺️
Une belle piste de réflexion, encore une fois!
Je comprend très bien ton point sur le fait que le nb de partie n’égal pas nécessairement un succès, mais il y a tout de même un seuil minimum disons…
Comme tu le fais remarquer, un jeu qui ne réussit pas à sortir 5x sur 750 parties c’est assez parlant disons !!! (le chiffre de 750 étant mon nb de partie en 2025)
Aucun doute pour moi, quand un jeu devient un moment d’échange plus que de technique, c’est là qu’il a réussit à me faire passer un agréable moment !
Certes il peu demander plus ou moins selon son niveau de complexité, mais si je dois tout le temps me questionner sur un point de règle versus ma stratégie ou encore mieux juste le beau moment que je suis en train d’avoir avec les autres c’est que le jeu n’est pas un franc succès en ce moment…
Bien sûr, et heureusement, certains jeux vont évoluer avec le temps et nous apporter encore plus de plaisir, j’ai pour exemple entre autre Les Châteaux de Bourgognes qui si au départ je le trouvais exigeant, aujourd’hui je n’ai pas de misère à jouer plusieurs fois par mois, car il est rendu fluide; justement, car il a été rejoué amplement et que je le connais mieux.
J’aime bien ton idéologie sur ton temps comme un cadeau, c’est très noble de ta part ! 😊